Contribution à l'étude de la peinture murale de Lavra
La question de la relation entre la peinture murale du Mont Athos et celle des églises de Bucovine, dans la Roumanie du Nord, a préoccupé depuis longtemps les historiens de l'art néo–byzantin, mais il leur manque encore des études analytiques pour montrer les similitudes et les divergences sur lesquelles on pourrait fonder les opinions. Alors que Strygowski affirmait avec enthousiasme, que "ce n'est pas le Mont Athos qui a influencé l'art moldave, mais au contraire la haute culture de la Moldavie (la région du nord–est de la Roumanie) avec ses trésors artistiques qui a exercé une influence profonde sur toute l'évolution de l'art athonite", le savant français Paul Henry s'est montré réservé et n'a pas cru devoir accepter la conclusion du savant viennois, qu'il croit exagérée.
Considérant la chronologie de la peinture athonite, aussi imparfaite qu'elle soit, on ne peut pas éliminer la possibilité d'un échange d'artistes entre les pays roumains du nord du Danube et le Mont Athos, qui était avant tout un lieu de prière et de pèlerinage et non un atelier de création artistique. L'arbre de Jessé de la Trapeza de Lavra, la mère des autres monastères de la Sainte Montagne, est un témoignage d'un pareil échange.
Grigore Nandriş